Lupus et contraception

Pourquoi la question de la contraception est-elle particulièrement importante ?
Une contraception chez la femme est indispensable lorsque certains médicaments utilisés contre le lupus peuvent être tératogènes (délétères pour le fœtus), c'est-à-dire pouvant être responsables de malformations chez le fœtus. C'est le cas par exemple du méthotrexate, de la thalidomide, du cyclophosphamide, de l'acide mycophénolique.
Lorsqu'un traitement incompatible avec une grossesse est prescrit, une contraception efficace est indispensable pendant la période indiquée par l'équipe médicale.
La contraception permet également de planifier une grossesse dans les meilleures conditions possibles, c'est-à-dire lorsque le lupus est suffisamment contrôlé, que les traitements ont été adaptés et que tous les facteurs de risque associés ont été bien contrôlés.
Dans tous les cas, le corps médical, bien informé, ne manquera pas d'aborder cette question avec les patientes encore en période d'activité génitale, lorsqu'une grossesse doit être évitée ou planifiée.
Le choix d'une contraception chez une femme atteinte de lupus doit être adapté à sa situation médicale, à l'activité de la maladie, aux traitements reçus et à ses éventuels facteurs de risque. Ce choix tiendra compte aussi de l'avis, de l'expérience et « des goûts » de la patiente.
Plusieurs méthodes peuvent être envisagées
Différentes méthodes contraceptives peuvent être utilisées chez les femmes atteintes de lupus.
Selon la situation, il peut notamment s'agir :
d'un dispositif intra-utérin ;
d'une contraception progestative (micropilules progestatives) ;
d'un implant progestatif ;
d'une méthode barrière telle que le préservatif.
Le choix dépend de la situation individuelle et doit être discuté avec le médecin ou la sage-femme.
Et les contraceptifs contenant des œstrogènes ?
Les contraceptions œstroprogestatives nécessitent une évaluation particulière chez les femmes atteintes de lupus.
L'emploi des contraceptifs œstroprogestatifs peut être envisagé chez des patientes n'ayant pas d'antécédent de thrombose, qui n'ont pas d'anticorps antiphospholipides, qui n'ont pas de manifestation active du lupus et n'ont pas d'antécédent de manifestation sévère, et chez qui l'absence de facteurs de risque classiques (tels qu'un diabète, une hypertension artérielle, une anomalie du bilan lipidique) a été vérifiée.
Ne pas modifier seule sa contraception
Un diagnostic de lupus ne signifie pas qu'une contraception déjà utilisée doit automatiquement être arrêtée.
À l'inverse, une contraception ne doit pas être commencée ou modifiée sans tenir compte de la maladie, des traitements et des facteurs de risque individuels.
Le médecin ou la sage-femme pourra proposer la méthode la plus adaptée.
À retenir
Il n'existe pas une contraception unique adaptée à toutes les femmes atteintes de lupus.
Le choix dépend notamment de l'activité de la maladie, des traitements, du risque de thrombose, de la présence éventuelle d'anticorps antiphospholipides et du projet de grossesse.
Une discussion avec le médecin ou la sage-femme permet de choisir une contraception à la fois efficace et adaptée à la situation individuelle.
Cette fiche n'est destinée qu'à l'information générale. Elle ne remplace ni une consultation, ni un avis médical personnalisé pour le diagnostic et le suivi.
Sources : PNDS Lupus systémique de l'adulte et de l'enfant (2024) — Centres de référence / RAISE / Filière FAI²R ; Assurance Maladie (La vie quotidienne avec un lupus érythémateux disséminé).
Contenu relu et validé par le Pr Saïd Norou DIOP, spécialiste en Médecine Interne, référent médical de TAHIRAH CARE.

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